Lors du discours du budget, la ministre Jérôme-Forget dit "Dans ce budget, je donne un crédit d'impôt de 30% [...] aux entreprises qui vont faire appel aux nouvelles technologies de l'information et augmenter leur productivité".
Bravo, mais il est plus que temps. Soyons réaliste : l’économie tourbillonne, et plusieurs entreprises pourraient sombrer. Certains voient une tempête et se raidissent pour survivre. Heureusement, d’autres choisissent de courir le vent au plus serré pour surclasser leurs opposants.
Je crois que cet énoncé budgétaire est un signe que la culture de l’industrie du Québec se transforme. Alors que nous n’avions qu’à nous laisser dériver par notre dollar faible et nos ressources abondantes, le succès dépend maintenant de notre capacité à concurrencer, à innover et à commercialiser partout dans le monde.
Le temps où les entreprises pouvaient s’appuyer sur un dollar faible pour être compétitives et simplement embaucher des employés pour augmenter la production est désormais du passé ! Les entreprises québécoises font face à une conjonction de trois forces qui minent leur compétitivité :
La croissance plus lente de la productivité du travail au Canada après 1996 a principalement été le résultat d'une croissance plus lente de ce que les économistes appellent la « productivité multifactorielle » (PMF). La croissance de la PMF est généralement associée au progrès technique, à l'amélioration des compétences, aux changements organisationnels ou aux économies d’échelle. Autrement dit, l’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis se creuse parce que nous utilisons mal l’information et les technologies et que nous ne les avons pas utilisées pour transformer nos entreprises.
Cette tempête n'aurait pas dû surprendre les capitaines de l’industrie québécoise : les signes étaient là. Un bon marin sait que survivre à une tempête exige plus que des prières et un vaisseau. La survie et le succès exigent une connaissance de la physique du mouvement, un sens de l’orientation, une capacité de concentration, et de l’audace. Ceci, combiné à un respect des forces de la nature, est ce qui permet à un capitaine d’atteindre de nouveaux horizons. Tels sont aussi les talents pour prospérer dans le monde des affaires d’aujourd’hui. En pratique, des études de cas réels montrent que le développement et la croissance des entreprises tiennent grandement à leur capacité d’innover et, par le fait même, d’utiliser les TI :
Ainsi, le lien causal entre une meilleure utilisation des TIC, la capacité d’innovation des entreprises et leur performance financière est bien documenté :

Autrement dit, pour croître et affronter les défis associés à la hausse du dollar et la pénurie de main d’œuvre tout en comblant l’écart de productivité avec les États-Unis, nos entreprises doivent investir en technologie de l’information.
Heureusement, deux éléments viennent faciliter l’adoption des technologies de l’information par nos entreprises :
Le coup de pouce de la ministre aidera les entreprises à prendre un virage nécessaire. Et il aura surtout l'intérêt d'attirer l'attention des industriels sur un problème de fond dont les solutions sont à portée de main.
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Réflexions provocatrices sur l'utilisation des technologies de l'information et des communications (TIC) dans les entreprises
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Je suis associé chez SECOR-Taktik, la division moyenne entreprise de SECOR. J'y suis responsable du secteur des TIC.
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