Article complet: Perfect Storm (2)

2008-02-07

Perfect Storm (2)

Permalink 09:08:23, Catégories: Général  

(Ce billet est une mise à jour du billet Perfect Storm original)

L’économie tourbillonne. Certains voient une tempête et se raidissent pour survivre. D’autres choisissent de courir le vent au plus serré pour surclasser leurs opposants.

La culture de l’industrie du Québec se transforme. Alors que nous n’avions qu’à nous laisser dériver par notre dollar faible et nos ressources abondantes, le succès dépend maintenant de notre capacité à concurrencer, à innover et à commercialiser partout dans le monde.

Le temps où les entreprises pouvaient s’appuyer sur un dollar faible pour être compétitives et simplement embaucher des employés pour augmenter la production est désormais du passé ! Les entreprises québécoises font face à une conjonction de trois forces qui minent leur compétitivité :

  • La hausse du dollars canadien. En 5 ans, le dollar canadien est passé de 65 ¢US à la parité avec le dollar américain. Pour les entreprises exportatrices, c’est comme si les revenus avaient diminué d’un tiers, sans que les coûts canadiens, eux, aient suivi. Pour celles qui concurrencent des importations, c’est comme si les coûts de leurs compétiteurs avaient diminués d’un tiers.
  • La pénurie de main d’œuvre. Selon le Conference Board, d’ici 2025, le Québec pourrait connaître une pénurie de 292 000 travailleurs et ce nombre pourrait grimper à 363 000 d’ici 2030.
  • L’écart historique de productivité avec les États-Unis. Depuis 1996, la croissance de la productivité du travail a crû de 2,8 % par année au Canada, comparativement à 4,9 % aux Etats-Unis – un écart sans précédent de 2,1 %. On note aussi des écarts inquiétant par rapport à d’autres économies, dont les pays d’Europe du nord.

La croissance plus lente de la productivité du travail au Canada après 1996 a principalement été le résultat d'une croissance plus lente de ce que les économistes appellent la « productivité multifactorielle » (PMF). La croissance de la PMF est généralement associée au progrès technique, à l'amélioration des compétences, aux changements organisationnels ou aux économies d’échelle. Autrement dit, l’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis se creuse parce que nous utilisons mal les technologies et que nous ne les avons pas utilisées pour transformer nos façons de faire.

Cette tempête qui a surpris les capitaines de l’industrie québécoise a déjà causé le naufrage de plusieurs vaisseaux, emportant à jamais toutes leurs richesses, rêves et promesses. Beaucoup d'autres sont en péril, à la dérive ou gîtant dangereusement. Un bon marin sait que survivre à une tempête exige plus que des prières et un vaisseau. La survie et le succès exigent une connaissance de la physique du mouvement, un sens de l’orientation, une capacité de concentration, et de l’audace. Ceci, combiné à un respect des forces de la nature, est ce qui permet à un capitaine d’atteindre de nouveaux horizons. Tels sont aussi les talents pour prospérer dans le monde des affaires d’aujourd’hui. Pour capitaines et armateurs, tenter de lire les signes du temps pour prédire le cours des marchés financiers et l'évolution technologique ne suffit plus. En pratique, des études de cas réels montrent que le développement et la croissance des entreprises tiennent grandement à leur capacité d’innover et, par le fait même, d’utiliser les TI :

  • L’introduction de processus innovateurs est habituellement liée à une utilisation croissante des TI.
  • Les usines qui ont adopté des technologies de pointe ont tendance à être plus innovatrices dans plusieurs autres dimensions que leur simple orientation technologique.

Ainsi, le lien causal entre une meilleure utilisation des TIC, la capacité d’innovation des entreprises et leur performance financière est bien documenté :

Autrement dit, pour croître et affronter les défis associés à la hausse du dollar et la pénurie de main d’œuvre tout en comblant l’écart de productivité avec les États-Unis, nos entreprises doivent investir en technologie de l’information.

Heureusement, deux éléments viennent faciliter l’adoption des technologies de l’information par nos entreprises :

  • La hausse du dollar, certainement négative sur d’autres aspects, amène un baisse significative des systèmes d’information.
  • Les systèmes d’informations sont plus faciles que jamais à installer et à utiliser, en particulier avec l’avènement des services directement accessibles sur Internet.

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Benoît Marcoux

Réflexions provocatrices sur l'utilisation des technologies de l'information et des communications (TIC) dans les entreprises

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